Low Roar, murmures volcaniques

Article paru sur DumDum.fr

Low Roar est le projet du chanteur-compositeur Ryan Katazija, autrefois membre de Audrye Sessions, groupe américain tendance rock indé. Katazija quitte la Californie et San Francisco après la séparation du groupe, en 2011, pour s’immerger dans les froides ambiances islandaises. Il compose alors un premier album seul, bricolé sur son ordinateur, où il débite son spleen, en utilisant les figures classiques du déracinement, la douce amertume des premières solitudes, l’incertitude des contacts esquissés, avec une sensibilité simple mais d’une remarquable profondeur. Continue la lecture

Pour une République du temps retrouvé

Déclaration parue sur le site du M6R

Retrouver le temps de se retrouver. Voilà le mot révolutionnaire.

La délégation accordée, la belle tension du suffrage, s’est changée en dépossession à mesure que les institutions se sont éloignées de nous, et nous avons perdu la joie des batailles dans la bouillie des rancœurs. Les divers trucages de la société du spectacle ont changé les discours en mauvais tours, et nous avons perdu l’esprit des mots dans la fange des insultes. Les percées répétées du capitalisme ont disloqué la société, et nous avons perdu l’envie des autres dans le fer des identités. La jungle économique infiltrée partout a réduit l’horizon de nos vies, et nous avons perdu le goût du futur dans la quotidienneté poussiéreuse. Le règne étendu de la propriété privée a détruit les solidarités matérielles, et nous avons perdu le sens du travail collectif dans l’angoisse du tous contre tous. Le productivisme échevelé déplace le niveau des mers, mais nous avons perdu la faculté d’agir dans l’attente du déluge. Continue la lecture

Réaffirmer le politique : pour une Constituante élue

Contre l’arbitraire du tirage au sort —

Alors qu’un récent sondage évalue à deux tiers la proportion de Français jugeant les institutions de la Ve République dépassées, l’approfondissement latent de la crise démocratique est aujourd’hui indéniable. Elle peut être appréhendée sous deux angles majeurs : la hausse tendancielle du taux d’abstention à chaque scrutin d’une part, et la dynamique relative de l’extrême-droite, c’est-à-dire le penchant pour une réorganisation réactionnaire de la vie en société doublée d’une reconstruction du pouvoir politique sous des formes autoritaires d’autre part. D’aucuns observeront en outre que les alternances du bipartisme camouflent mal l’homogénéité et la continuité d’une même politique, laquelle s’articule qui plus est autour des intérêts minoritaires et particuliers des classes dominantes, où pouvoirs politique et économique sont combinés à un niveau assez élevé pour s’inscrire avec profit dans les structures sociales de la mondialisation. Continue la lecture

La fronde, symptôme de la déliquescence du politique ?

S’il fallait dresser le diagnostic de la déliquescence politique qui gagne le pays, peut-être faudrait-il finalement s’intéresser en premier lieu au symptôme navrant mais ô combien révélateur de la « fronde » qui remue les rangs socialistes. La crise civique – progression inexorable de l’extrême-droite corrélée à une abstention structurelle – repose en réalité sur une crise diffuse de la faculté d’agir, c’est-à-dire de l’exercice de la souveraineté : apathie ou ressentiment des gouvernés d’une part, trahison des gouvernants et affaiblissement de l’appareil d’État d’autre part. À ces lésions politiques sur lesquelles purule le franchouillard-nationalisme, s’ajoute aujourd’hui le phénomène des « frondeurs » initié par « l’appel des 100 ». Continue la lecture

Le triomphe de l’extrême-droite ou la crise de la faculté d’agir

Dans quel état d’inconséquence politique sommes-nous tombés ? Que s’est-t-il passé ? Rien, ou si peu. La victoire de l’extrême-droite aux élections européennes vient de loin, elle s’est avancée lentement, en pleine lumière ; et pourtant rien n’est advenu pour l’endiguer, les grands appareils idéologiques ont continué leur ronde funèbre comme si de rien n’était. Et depuis ? Toujours rien. C’est sans doute le pire, d’ailleurs : la vacuité qui règne dans les rangs du pouvoir pendant que la dislocation démocratique s’accentue paisiblement. Et voilà que le pays de la grande Révolution donne au monde le pathétique spectacle d’une entreprise familiale bouffonne comme seul recours politique dans les urnes à moitié vides du suffrage universel.

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Médias numériques et anticapitalisme

« Quelle aurait été l’analyse de Guy Debord des médias à l’ère du numérique ? Le militant révolutionnaire, auteur du célèbre ouvrage « La société du spectacle » publié en 1967, plaçait le média télévision au cœur de sa critique. Mais près d’un demi-siècle plus tard, l’émergence des réseaux sociaux, des blogs et des pure players bousculent les médias traditionnels dont le fonctionnement prive le public de son expression critique.  Alors la société du spectacle dans les médias est-il un concept dépassé ? L’invité de Xerfi Canal, Clément Sénéchal, auteur et spécialiste des médias sociaux, a, lui, tenté de donner une tonalité actuelle à la réflexion de Guy Debord…» Voir l’entretien vidéo sur le site de Xerfi Canal.

Constater le besoin de l’impôt pour y consentir

Le projet de loi de finances 2014 a été adoptée la semaine dernière à l’Assemblée. Il prévoit des coupes d’environ 15 milliards d’euros dans le budget de l’État, dont 10 milliards pour les services publics. Il arrive à un moment où le consentement à l’impôt se délite à grande vitesse. Jusqu’à présent, face à la caricature et l’opportunisme des partisans du zéro impôt, le principe de légitimité de l’impôt tenait bon. Cependant, le gouvernement a petit à petit creusé la tombe de cette légitimité fiscale et enclenché un processus de véritable désagrégation du consentement à l’impôt. Continue la lecture

Le zinc de Clément Sénéchal